Chanson de la Danseuse
O toi qui me nommes danseuse, sache, aujourd’hui, que je n’ai pas appris à danser. Tu m’as rencontrée petite et joueuse, dansant sur la route et chassant devant moi mon ombre bleue. Je viraisrdes, comme une abeille, et le pollen d’une poussière blonde poudrait mes pieds et mes cheveux couleur de chemin...
Tu m’as vue revenir de la fontaine, berçant l’amphore au creux de ma hanche tandis que l’eau, au rythme de mon pas, sautait sur ma tunique en larmes rondes, en serpents d’argent, en courtes fusées et frisées qui montaient, glacées, jusqu’à ma joue...Je marchais lente, sérieuse, mais tu nommais mon pas une danse. Tu ne regardais pas mon visage, mais tu suivais le mouvement de mes genoux, le balancement de ma taille, tu lisais sur le sable la forme de mes talons nus, l’empreinte de mes doigts écartés, que tu comparais à celle de cinq perles inégales...
Tu m’as dit: "Cueille ces fleurs, poursuis ce papillon..." car tu nommais ma course une danse, et chaque révérence de mon corps penché sur les oeillets de pourpre, et le geste, à chaque fleur recommencé, de rejeter sur mon épaule une écharpe glissante...
Dans ta maison, seule entre toi et la flamme haute d’une lampe, tu m’as dit: "¡Danse!" et je n’ai pas dansé.
Mais nue dans tes bras, liée à ton lit par le ruban de feu du plaisir, tu m’as pourtant nommée danseuse, à voir bondir sous ma peau, de ma gorge renversée à mes pieds recourbés, la volupté inévitable...
Lasse, j’ai renoué mes cheveux, et tu les regardais, dociles, s’enrouler à mon front comme un serpent que charme la flûte...
J’ai quitté ta maison durant tu murmurais: "La plus belle de tes danses, ce n’est pas quand tu accours, haletante, pleine d’un désir irrité et tourmentant déjà, sur le chemin, l’agrafe de ta robe... C’est quand tu t’éloignes de moi, calmée et les genoux fléchissants, et qu’en t’éloignant tu me regardes, le menton sur l’épaule...Ton corps se souvient de moi, oscille et hésite, tes hanches me regrettent et tes reins me remercient...Tu me regardes, la tête tournée, tandis que tes pieds divinateurs tâtent et choisissent leur route...
"Tu t’en vas, toujours plus petite et fardée par le soleil couchant, jusqu’à n’être plus, en haut de la pente, toute mince dans ta robe orangée, qu’une flamme droite, que danse imperceptiblement..."
Si tu ne me quitte pas, je m’en irai, dansant, vers ma tombe blanche.
D’une danse involontaire et chaque jour ralentie, je saluerai la lumière qui me fit belle et qui me vit aimée.
Une dernière danse tragique me mettra aux prises avec la mort, mais je ne lutterai que pour succomber avec grâce.
Que les dieux m’accordent une chute harmonieuse, les bras joints au-dessus de mon front, une jambe pliée et l’autre étendue, comme prête à franchir, d’un bond léger, le seuil noir du royaume des ombres...
Tu me nommes danseuse, et pourtant je ne sais pas danser...
Canción de la Bailarina
O, tu que me llamas bailarina, debes saber hoy día, que no aprendí a bailar. Me encontraste pequeña y sonrojada, bailando sobre el camino y cazando mi sombra azul. Yo giraba como una abeja y el polen, como ceniza rubia, empolvaba mis pies y mis cabellos color camino...
Me viste regresar de la fuente meciendo la ánfora en el hueco de mi cadera mientras que el agua, con el ritmo de mi paso, saltaba sobre mi vestido como lágrimas redondas, como serpientes de plata, como cohetes rizados que subían, helados, hasta mi mejilla... Yo caminaba lento, seria, pero tu llamaste a mi paso una danza. No mirabas mi rostro, pero seguías el movimiento de mis rodillas, el vaivén de mi cuerpo, marcabas sobre la arena la forma de mis talones desnudos, la huella de mis dedos separados, que comparabas con la de cinco perlas desiguales...
Me dijiste: "Recoge esas flores, persigue a esa mariposa..." pues llamabas a mi carrera una danza, y a cada reverencia de mi cuerpo inclinado sobre los ojillos de púrpura, y al gesto, que comenzaba de nuevo en cada flor, de dejar caer sobre mi hombro una manta resbaladiza...
En tu casa, sola entre tu y la llama alta de una lámpara, me dijiste: "¡Baila!" y yo no bailé.
Pero desnuda en tus brazos, atada a tu cama por la cinta de fuego del placer, me llamaste, sin embargo, bailarina, al ver brincar bajo mi piel, desde mi garganta invertida hasta mis pies curvados, la voluptuosidad inevitable...
Cansada, até mis cabellos y tu los mirabas, dóciles, enrularse en mi frente como una serpiente encantada por la flauta...
Dejé tu casa mientras murmurabas: "La más bella de tus danzas no es cuando sujetas, anhelante, plena ya de un deseo melancólico y tormentoso, sobre el camino, el broche de tu vestido...Es cuando te alejas de mi, tranquila, tus rodillas flexionadas y cuando te vas alejando me miras, el mentón sobre el hombro...Tu cuerpo me recuerda, oscila y titubea, tus caderas me extrañan y tus riñones me agradecen...Me miras, la cabeza girada, mientras que tus pies adivinos tantean y eligen su ruta...Tu te vas de mi, cada vez más pequeña y maquillada por el sol poniente, hasta no ser más, en lo alto de la pendiente, toda delgada en tu vestido anaranjado, no ser más que una llama recta, que baila imperceptiblemente..."
Si tu no me dejas, yo me iría, bailando sobre mi tumba blanca.
Bailando una danza involuntaria y cada día más lenta saludaría a la luz que me hace bella y me vive amando.
Una última danza trágica me enfrentará con la muerte pero yo no lucharé más que para sucumbir con gracia.
Que los dioses me concedan una caída armoniosa, los brazos juntos debajo de mi frente, una pierna plegada y la otra extendida, como lista para atravesar, con un salto ligero, el umbral negro del reino de las sombras...
Tu me llamas bailarina y, sin embargo, yo no sé bailar.
Tu m’as vue revenir de la fontaine, berçant l’amphore au creux de ma hanche tandis que l’eau, au rythme de mon pas, sautait sur ma tunique en larmes rondes, en serpents d’argent, en courtes fusées et frisées qui montaient, glacées, jusqu’à ma joue...Je marchais lente, sérieuse, mais tu nommais mon pas une danse. Tu ne regardais pas mon visage, mais tu suivais le mouvement de mes genoux, le balancement de ma taille, tu lisais sur le sable la forme de mes talons nus, l’empreinte de mes doigts écartés, que tu comparais à celle de cinq perles inégales...
Tu m’as dit: "Cueille ces fleurs, poursuis ce papillon..." car tu nommais ma course une danse, et chaque révérence de mon corps penché sur les oeillets de pourpre, et le geste, à chaque fleur recommencé, de rejeter sur mon épaule une écharpe glissante...
Dans ta maison, seule entre toi et la flamme haute d’une lampe, tu m’as dit: "¡Danse!" et je n’ai pas dansé.
Mais nue dans tes bras, liée à ton lit par le ruban de feu du plaisir, tu m’as pourtant nommée danseuse, à voir bondir sous ma peau, de ma gorge renversée à mes pieds recourbés, la volupté inévitable...
Lasse, j’ai renoué mes cheveux, et tu les regardais, dociles, s’enrouler à mon front comme un serpent que charme la flûte...
J’ai quitté ta maison durant tu murmurais: "La plus belle de tes danses, ce n’est pas quand tu accours, haletante, pleine d’un désir irrité et tourmentant déjà, sur le chemin, l’agrafe de ta robe... C’est quand tu t’éloignes de moi, calmée et les genoux fléchissants, et qu’en t’éloignant tu me regardes, le menton sur l’épaule...Ton corps se souvient de moi, oscille et hésite, tes hanches me regrettent et tes reins me remercient...Tu me regardes, la tête tournée, tandis que tes pieds divinateurs tâtent et choisissent leur route...
"Tu t’en vas, toujours plus petite et fardée par le soleil couchant, jusqu’à n’être plus, en haut de la pente, toute mince dans ta robe orangée, qu’une flamme droite, que danse imperceptiblement..."
Si tu ne me quitte pas, je m’en irai, dansant, vers ma tombe blanche.
D’une danse involontaire et chaque jour ralentie, je saluerai la lumière qui me fit belle et qui me vit aimée.
Une dernière danse tragique me mettra aux prises avec la mort, mais je ne lutterai que pour succomber avec grâce.
Que les dieux m’accordent une chute harmonieuse, les bras joints au-dessus de mon front, une jambe pliée et l’autre étendue, comme prête à franchir, d’un bond léger, le seuil noir du royaume des ombres...
Tu me nommes danseuse, et pourtant je ne sais pas danser...
Canción de la Bailarina
O, tu que me llamas bailarina, debes saber hoy día, que no aprendí a bailar. Me encontraste pequeña y sonrojada, bailando sobre el camino y cazando mi sombra azul. Yo giraba como una abeja y el polen, como ceniza rubia, empolvaba mis pies y mis cabellos color camino...
Me viste regresar de la fuente meciendo la ánfora en el hueco de mi cadera mientras que el agua, con el ritmo de mi paso, saltaba sobre mi vestido como lágrimas redondas, como serpientes de plata, como cohetes rizados que subían, helados, hasta mi mejilla... Yo caminaba lento, seria, pero tu llamaste a mi paso una danza. No mirabas mi rostro, pero seguías el movimiento de mis rodillas, el vaivén de mi cuerpo, marcabas sobre la arena la forma de mis talones desnudos, la huella de mis dedos separados, que comparabas con la de cinco perlas desiguales...
Me dijiste: "Recoge esas flores, persigue a esa mariposa..." pues llamabas a mi carrera una danza, y a cada reverencia de mi cuerpo inclinado sobre los ojillos de púrpura, y al gesto, que comenzaba de nuevo en cada flor, de dejar caer sobre mi hombro una manta resbaladiza...
En tu casa, sola entre tu y la llama alta de una lámpara, me dijiste: "¡Baila!" y yo no bailé.
Pero desnuda en tus brazos, atada a tu cama por la cinta de fuego del placer, me llamaste, sin embargo, bailarina, al ver brincar bajo mi piel, desde mi garganta invertida hasta mis pies curvados, la voluptuosidad inevitable...
Cansada, até mis cabellos y tu los mirabas, dóciles, enrularse en mi frente como una serpiente encantada por la flauta...
Dejé tu casa mientras murmurabas: "La más bella de tus danzas no es cuando sujetas, anhelante, plena ya de un deseo melancólico y tormentoso, sobre el camino, el broche de tu vestido...Es cuando te alejas de mi, tranquila, tus rodillas flexionadas y cuando te vas alejando me miras, el mentón sobre el hombro...Tu cuerpo me recuerda, oscila y titubea, tus caderas me extrañan y tus riñones me agradecen...Me miras, la cabeza girada, mientras que tus pies adivinos tantean y eligen su ruta...Tu te vas de mi, cada vez más pequeña y maquillada por el sol poniente, hasta no ser más, en lo alto de la pendiente, toda delgada en tu vestido anaranjado, no ser más que una llama recta, que baila imperceptiblemente..."
Si tu no me dejas, yo me iría, bailando sobre mi tumba blanca.
Bailando una danza involuntaria y cada día más lenta saludaría a la luz que me hace bella y me vive amando.
Una última danza trágica me enfrentará con la muerte pero yo no lucharé más que para sucumbir con gracia.
Que los dioses me concedan una caída armoniosa, los brazos juntos debajo de mi frente, una pierna plegada y la otra extendida, como lista para atravesar, con un salto ligero, el umbral negro del reino de las sombras...
Tu me llamas bailarina y, sin embargo, yo no sé bailar.
